Lancement de l’Initiative des forêts d’Afrique centrale (CAFI) - Discours d’Annick Girardin

Le Bourget, le 8 décembre 2015

"Mesdames et Messieurs les Ministres

Chers Amis,

La France, seul pays européen ayant des forêts tropicales sur son territoire (en Guyane française), est pleinement engagée pour la protection des poumons de la planète.

Nous avons derrière nous des années de coopération et d’expertise technique sur ces sujets, et une longue histoire de partenariat avec les pays du bassin du Congo. Nous avons largement participé à la mise en place de plan d’aménagements forestiers.

Nous travaillons à la mise en commun de données satellitaires pour lutter contre la déforestation, nous partageons nos savoirs faire en matière de gestion durable des forêts et de parcs nationaux.

La COP21 peut être un tournant pour la protection des forêts.
Après la déclaration de New York sur les forêts l’an dernier, et la finalisation du mécanisme REDD+ à Bonn en juin dernier, nous avons toutes les cartes en main pour agir et contrer la déforestation.

Il faut maintenant passer de la parole aux actes, et rentrer dans le concret. Le concret, c’est la phase 2 de REDD, celle de la mise en oeuvre.
La mise en oeuvre elle est confrontée à deux défis :

  • Le premier défi, c’est de mobiliser tous les acteurs, les États bien sûr, mais aussi les collectivités territoriales, les entreprises, les ONG et bien entendu les communautés qui vivent dans les forêts.
    Dans ce sens, la participation du Brésil, que je salue, à l’initiative CAFI montre aussi toute l’importance de la coopération Sud-Sud au service des forêts du monde.
  • Le deuxième défi, c’est le financement de REDD+. C’est un défi majeur, et plus particulièrement pour l’Afrique centrale, 2e massif tropical au monde, où les besoins de financement demeurent notamment pour la phase 2 de REDD+, c’est-à-dire pour les investissements dans les politiques de protection de la forêt.

C’est une demande forte des pays d’Afrique équatoriale, qui a trouvé un écho auprès de la communauté internationale, et notamment de la Norvège qui est un des piliers mondiaux de la lutte contre la déforestation. Je remercie donc la Norvège pour son engagement sans faille pour les forêts de la planète

C’est pour cela, que la France salue vivement cette nouvelle initiative pour l’Afrique centrale. Elle permet de donner suite à la Déclaration de Durban de 2011 entre 7 pays membres de la COMIFAC et 8 partenaires au développement, dont la France.

Elle permettra aussi d’améliorer la vie de millions de personnes qui vivant dans ou de la forêt, tout en rappelant les droits essentiels des personnes appartenant aux communautés locales ou autochtones.

Cette initiative permet également d’envoyer un signal positif ici à la COP21 puisque nous avons deux objectifs :

D’abord, bien sur le nouvel accord international légalement contraignant et nous permettant de retrouver la voie des 2°C. Nous y travaillons ensemble, et les forêts y trouveront toutes leur place.

Mais pour aller plus vite, pour agir dès maintenant, nous avons besoin d’initiatives concrètes, pour s’attaquer immédiatement aux problèmes et atténuer le dérèglement climatique. REDD+ en Afrique centrale en fait partie.

C’est pourquoi je suis fière de vous annoncer ici que la France fera une contribution directe à hauteur de 3 millions d’euros, et s’engagera sur le plan bilatéral dans toutes les régions par des appuis bilatéraux qui en 2016 pourraient s’élever au moins à 20 millions d’euros."

Discours d’Annick Girardin du 8 décembre 2015

publié le 10/12/2015

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